23 déc. 2020

Les trois messes basses

" La nuit était claire, les étoiles avivées de froid ; la bise piquait, et un fin grésil, glissant sur les vêtements sans les mouiller, gardait fidèlement la tradition des Noëls blancs de neige. Tout en haut de la côte, le château apparaissait comme le but, avec sa masse énorme de tours, de pignons, le clocher de sa chapelle montant dans le ciel bleu noir, et une foule de petites lumières qui clignotaient, allaient, venaient, s’agitaient à toutes les fenêtres, et ressemblaient, sur le fond sombre du bâtiment, aux étincelles courant dans des cendres de papier brûlé… Passé le pont-levis et la poterne, il fallait, pour se rendre à la chapelle, traverser la première cour, pleine de carrosses, de valets, de chaises à porteurs, toute claire du feu des torches et de la flambée des cuisines. On entendait le tintement des tournebroches, le fracas des casseroles, le choc des cristaux et de l’argenterie remués dans les apprêts d’un repas ; par là-dessus, une vapeur tiède, qui sentait bon les chairs rôties et les herbes fortes des sauces compliquées, faisait dire aux métayers comme au chapelain, comme au bailli, comme à tout le monde :

— Quel bon réveillon nous allons faire après la messe ! "


Extrait  des LETTRES DE MON MOULIN d' Alphonse Daudet  ( 1840 - 1897 ) 

" Les trois messes basses " sont un conte de Noêl où le célébrant chargé de dire trois messes à minuit le soir de Noêl se précipite pour les dire à toute vitesse tellement il désire aller vite se régaler au réveillon...




 

14 déc. 2020

L' AVENT

 Quand j'étais enfant  je pensais que l'Avent c'était tout simplement l' Avant Noêl écrit avec une faute d'orthographe...et que le jour de Noêl c'était l'anniversaire du petit Jésus...ce qui n'est pas faux...

Avent est un mot dérivé du latin Adventus qui signifie Venue, c'est le moment où le Christ vient parmi nous...Temps de l'Avent, temps de l'attente, temps d'espoir, temps de joie !


              Marie rencontre sa cousine Elisabeth la future maman de saint Jean Baptiste

Peinture d' ARCABAS  ( 1926- 2018 )


22 nov. 2020

Le talisman

 Extrait de "La calanque perdue"

Page 58

" Elle l’entendit qui disait en claquant la portière : 

« Bon, il n’y a pas trop de mal ; tout va bien ! »

Elle n’avait pas prononcé un seul mot ; elle serrait un billet dans son poing crispé ; elle avait une vague douleur dans le dos et commençait à peine à reprendre ses esprits.

Elle se remit à marcher lentement pour remonter l’allée et se coller aux vitres du salon. Le choc avait été plus rude qu’elle ne l’aurait cru. En quelques instants, elle était passée de l’autre côté ; à cause de ses cheveux défaits, de sa robe sale, et de ses pieds nus, elle était sortie sans s’en apercevoir du monde des nantis.

Il lui aurait été facile de remettre ses chaussures, de se recoiffer, et de faire une apparition remarquée telle Cendrillon au milieu du bal, mais elle n’en avait aucune envie.

Finalement, elle préférait rester à sa place, de l’autre côté du miroir. Elle regardait tout ce beau monde s’agiter et se faire des courbettes sans les envier le moins du monde. Certes, elle avait pris un sacré coup sur la tête, tout devait venir de là !

Cette rencontre fortuite avait le goût d’un secret, il y avait là quelque chose d’indicible et de profond qui lui appartenait à jamais."

  


11 nov. 2020

Armistice de 1918

 

Le dormeur du val

C’est un trou de verdure où chante une rivière
Accrochant follement aux herbes des haillons
D’argent, où le soleil, de la montagne fière,
Luit ; c’est un petit val qui mousse de rayons.

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort : il est étendu dans l’herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme.
Nature, berce-le chaudement : il a froid !

Les parfums ne font pas frissonner sa narine
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

ARTHUR RIMBAUD


1 nov. 2020

ANNULATION

                                                                                

Suite au confinement, le 29ième Carré des écrivains n'aura pas lieu comme il était prévu au mois de Novembre. Il est reporté à l'année prochaine;


                                                    ANNULATION du Carré des Ecrivains 


22 oct. 2020

Lettre à Monsieur Germain

Après avoir reçu le Prix Nobel de Littérature, Albert Camus a écrit une lettre émue de remerciement à l'instituteur qui lui a permis de recevoir une bourse pour continuer ses études lorsqu'il était enfant. Il était orphelin de père et sa mère qui était illettrée travaillait dur pour l'élever.

 19 novembre 1957

Cher Monsieur Germain,

J’ai laissé s’éteindre un peu le bruit qui m’a entouré tous ces jours-ci avant de venir vous parler un peu de tout mon cœur. On vient de me faire un bien trop grand honneur, que je n’ai ni recherché ni sollicité. Mais quand j’ai appris la nouvelle, ma première pensée, après ma mère, a été pour vous. Sans vous, sans cette main affectueuse que vous avez tendue au petit enfant pauvre que j’étais, sans votre enseignement, et votre exemple, rien de tout cela ne serait arrivé. Je ne me fais pas un monde de cette sorte d’honneur mais celui-là est du moins une occasion pour vous dire ce que vous avez été, et êtes toujours pour moi, et pour vous assurer que vos efforts, votre travail et le cœur généreux que vous y mettiez sont toujours vivants chez un de vos petits écoliers qui, malgré l’âge, n’a pas cessé d’être votre reconnaissant élève.

Je vous embrasse, de toutes mes forces.
Albert Camus 

 

7 oct. 2020

29 ième Carré des écrivains

 Pour éviter le grand rassemblement habituel , le Centre Bourse met à notre disposition une boutique vide du rez-de-chaussée permettant d'accueillir 5 tables pour les auteurs et 1 table pour le stand du Comité du Vieux-Marseille du mercredi 4 au samedi 28 novembre 2020, de 12h à 18h 

Je serai présente le mercredi 11 Novembre avec mes livres.





23 sept. 2020

"La belle endormie "

Extrait de " Comme un reflet d'éternité "

Pages :  27-28

Une femme somnolait tranquille, allongée au fond d’une barque plate, tout près de la rive moussue, n’écoutant que le clapotis de l’eau et les pépiements des oiseaux, sous la voûte élégante d’un arbre en fleurs.

 Elle se sentait merveilleusement bien, sereine, emplie d’une quiétude qui lui faisait défaut depuis trop longtemps. Elle venait de faire un rêve étrange, dans lequel une femme lui confiait son enfant, un beau petit garçon aux yeux sombres et à la peau foncée. Le bambin était merveilleusement sage, il portait un superbe bracelet d’or au poignet et elle avait dû l’aider à remettre sa chaussure qui le blessait ; il avait accroché ses deux petits bras avec tendresse autour de son cou, elle ressentait encore la douceur et la chaleur de cette étreinte qui la comblait de joie. Une paix intérieure indescriptible l’habitait, elle aurait voulu que le temps s’arrête, que la pause fut définitive. Elle touchait au Paradis selon une incommensurable faveur et ne souhaitait plus le quitter. Le réveil avait été progressif, comme si elle avait de la peine à revenir au monde ; une chose l’intriguait, la sandale du petit, elle n’en avait jamais vu que sur les reproductions de fresques égyptiennes très anciennes, au cours de ses études qui d’ailleurs étaient loin d’être terminées. Elle avait commencé l’école des langues orientales et en poursuivait mollement le cursus, quand la nouvelle du décès de son amoureux l’avait positivement foudroyée. Il avait été pris sous un éboulement au moment de l’ouverture d’un tombeau, lors d’un chantier de fouilles au fin fond de l’Egypte. Tous ses beaux projets d’avenir s’étaient alors noyés sous des torrents de larmes, depuis, la haine et la colère l’habitaient, elle cherchait le responsable de cet effondrement.


4 sept. 2020

Salon de Fuveau

 Le 5 et le 6 Septembre 2020, littérature, BD et romans jeunesse;

 C'est le Salon du Livre à FUVEAU , sous les platanes,  rencontres avec les auteurs, dédicaces, et le thème, cette année, c'est la Provence.

A voir sur le site : 

fuveau.com:/salon2020                    




 

24 août 2020

" Le Roi "

 Extrait de ÉCHEC ET MAT 

Page 5

Le Roi saisit une flûte de champagne sur un plateau et s’absorba dans la contemplation des fines bulles qui flottaient sous ses yeux, elles remontaient vers lui, pour venir s’écraser et se dissoudre au bord de son verre, comme ses souvenirs.

Un murmure, à son oreille, le tira de sa méditation :

« Voyons, ne soyez pas si mélancolique, c’est une soirée de fête, ce soir ! »

Son plus vieil ami, comte et général, lui souriait d’un air aimable ; il lui répondit en tendant le bras vers la jolie sylphide qui brillait sous un lustre de Baccarat :

« Je ne suis pas triste, je pensais seulement à… »

L’autre posa une main ferme  sur son avant-bras, l’empêchant, volontairement de poursuivre sa phrase. Le regard amical et compréhensif, il chuchota :

« Ne vous tracassez pas trop. Il faut bien que chacun vive sa vie ! Mais, je vous comprends, vous savez…Je vous comprends… Je sais, je sais… »

Puis, il s’éloigna en dodelinant de la tête.

Le Roi sentit un filet de sueur froide lui couler le long de la colonne vertébrale ; que savait-il ?

Et que voulait-il dire ? Il avait pris tant de soin, pendant si longtemps, à cacher la vérité. Le monde est un village, se dit-il ; ainsi, dans tous ces gens autour de lui, qui savait quoi ? Ce léger brouhaha, fait de lambeaux de conversations, d’exclamations à peine étouffées, qu’on avait peine à discerner, que recouvrait-il vraiment ? Tous ces visages polis, ces sourires hypocrites, ces regards où la jalousie et l’envie se voilaient à peine, il en avait des frissons…

L’angoisse le saisit brusquement .


4 août 2020

site du comité du Vieux Marseille

Adresse du nouveau site du Comité du Vieux Marseille

www.comiteduvieuxmarseille.net 

(actualités, coups de cœur et coups de gueule, différentes commissions et activités, photothèque, publications des diverses manifestations. )

23 juil. 2020

Prochain Carré des écrivains


Le 29ème CARRE DES ECRIVAINS manifestation littéraire et patrimoniale où sont accueillis les auteurs ayant écrit sur Marseille se tiendra au mois de Novembre 2020.

Ainsi cette 29ème édition du Carré des Ecrivains se tiendra pendant tout le mois de novembre, du lundi 2 au samedi 28 novembre inclus, de 12h à 18h dans une boutique du Centre Bourse 
Nous accueillerons, chaque jour, 5 auteurs ce qui permettra d'accueillir 120 auteurs dans tout le mois.
Les auteurs pourront rencontrer le public et dédicacer leurs livres sur Marseille pendant tout l'après-midi.


10 juil. 2020

La Petite Librairie



François Busnel nous ouvre sa P'tite Librairie, on peut y rencontrer Quentin Durward sur son destrier, ou Le Comte de Monte Cristo, quand ce n'est pas le Lion de Joseph Kessel ou Les Misérables de Victor Hugo.
Vous avez bien compris, on ne parle que de chefs d'oeuvre mis à la portée de tous avec intelligence, de Cyrano de Bergerac à Montaigne en passant par Romain Gary..;
Quel plaisir que ces petits tours du côté de la grande et belle littérature !


23 juin 2020

Un jour à Salzbourg


Extrait de LA CALANQUE PERDUE
Page 77-78                                 


C’était en Août, à Salzbourg.
Nina et Léna venaient d’arriver à l’hôtel, par une journée caniculaire, faisant mentir la tradition, selon laquelle Salzbourg est une ville pluvieuse et humide. En l’occurrence, il faisait très chaud et les deux filles n’avaient qu’une hâte : prendre un bain. Elles étaient venues pour le célèbre festival de musique comme bon nombre de touristes étrangers.
Leur chambre, confortable, décorée avec raffinement, les émerveilla.
« J’en peux plus, je crève de chaud ! » gloussa Léna en retirant prestement sa robe ;
« Hé ! Attends un peu… »
Nina venait de se ruer sur un rideau fleuri qu’elle tira brusquement, occultant en un tour de main la baie vitrée, au grand étonnement de sa sœur.
« Il y a un homme dans le patio ! »
 Un fou rire plia Léna en deux ; avec précaution, toutes deux écartèrent délicatement les voilages élégants censés les protéger des regards curieux. La bâtisse ancienne et cossue était ainsi construite que, par une fantaisie de l’architecte, les chambres ouvraient sur un jardin intérieur comme dans les demeures espagnoles ou mauresques. Des tables et des chaises blanches de fer forgé placées harmonieusement se mêlaient à des pots de plantes vertes, et là, en plein milieu, un homme assis était en train de lire son journal.
 « Dis donc, il est plutôt beau garçon ; on dirait une vedette de cinéma, quelle classe ! Mais il n’a pas pu nous voir, il ne regarde pas dans notre direction ! »
« Tu as raison, sauf qu’il tient son journal à l’envers ! »


27 mai 2020

Parution de "Chanson d'Après"


Chanson d'après - Sortie le 12 juin 2020
Amici cari,
Chères amies et amis de Chanson d'après – Canzona pè dopu !
« Il y a une route, il y a un chemin – ci s'hè una strada, ci s'hè un andà…»
et nous voilà presque arrivés au bout de la première étape.

Chanson d'après sortira et prendra son envol le
VENDREDI 12 JUIN 2020 

16 mai 2020

Confinement et contamination...


"Surtout, ma chère enfant, ne venez point à Paris !
Plus personne ne sort de peur de voir ce fléau s’abattre sur nous,
 il se propage comme un feu de bois sec.
Le roi et Mazarin nous confinent tous dans nos appartements.
Monsieur Vatel, qui reçoit ses charges de marée, pourvoie à nos repas qu'il nous fait livrer,
Cela m’attriste, je me réjouissais d’aller assister aux prochaines représentations d’une comédie
 de Monsieur Corneille 
"Le Menteur", dont on dit le plus grand bien.
Nous nous ennuyons un peu et je ne peux plus vous narrer les dernières intrigues à la Cour,
 ni les dernières tenues à la mode.
Heureusement, je vois discrètement ma chère amie, Marie-Madeleine de Lafayette,
 nous nous régalons avec les Fables de Monsieur de La Fontaine, dont celle, très à propos,
 « Les animaux malades de la peste » ! « Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés »".
Je vous envoie deux drôles de masques ; c’est la grand'mode. Tout le monde en porte à Versailles.
 C’est un joli air de propreté, qui empêche de se contaminer,
Je vous embrasse, ma bonne, ainsi que Pauline. "

Lettre de Madame de Sévigné ( en 1687) à sa fille Madame de Grignan



1 mai 2020

un peu de bonheur


Un petit brin de muguet pour chacun de vous

pour ce premier Mai confiné

Le bonheur est dans le pré
Cours- y vite, cours-y  vite

C'est monsieur Paul Fort qui l'a dit


18 avr. 2020

Chanson d'après


I MUVRINI vous propose de participer depuis chez vous à l'enregistrement audio ou au clip video de 

CHANSON D’APRÈS

Projet ouvert à tous, jusqu'au 27 Avril 2020
A voir sur le site officiel        www.muvrini.com 

                                       

5 avr. 2020

La course de l'homme en blanc

Extrait des ROMANCES DU VENT
Page 96


…"Il avait bien mérité de la patrie, mais il avait toujours été trop modeste…Il avait toujours fui les honneurs, préférant garder son indépendance et vivre incognito la vie qu’il s’était choisie. Ces clameurs qui emplissaient le poste lui en rappelaient d’autres, entendues bien des années auparavant ; celles d’une manifestation de jeunes étudiants qui scandaient des propos libertaires dans la rue. A l’époque, il regardait passer la foule des manifestants derrière la vitre du hall de l’hôpital où il travaillait quand un événement l’avait fait bondir. Un jeune homme à la suite d’un jet de pierres venait de tomber la tête la première dans le caniveau. Il s’était précipité à l’extérieur, vêtu de sa blouse blanche, bousculant ceux qui se trouvaient sur son passage pour aller porter secours au blessé. Bien lui en pris, car par la suite on se rendit compte que c’est la rapidité de son intervention qui avait sauvé le malheureux. Ce jour là, il avait fait fi des ardeurs belliqueuses des manifestants, des hurlements, des matraques des CRS, pour venir en aide à un garçon qu’il ne connaissait pas, mais cela lui était apparu tout à fait normal.
Seul un photographe avait immortalisé la scène qu’un journal avait publiée sous le titre : 
« La course de l’homme en blanc ».
Cet homme en blanc, c’était lui.
Personne n’avait jamais su son nom. "


23 mars 2020

le printemps


Le printemps est arrivé !!!

Bon, d'accord, sur le moment, il s'est senti un peu tout seul dans les parcs des villes aux portes fermées, alors il est allé faire un tour dans les jardins clos des maisonnettes, et dans les pots  de fleurs qui trônent sur les balcons des HLM...
Les  petites fleurs et les bourgeons, porteurs d'espoir et de beauté se sont installés partout où ils le pouvaient, la beauté et la force de la nature fleuriront, le soleil brille et l'eau descend des collines où les arbres et les plantes vont éclore en liberté; normal, c'est le printemps le plus fort;


7 mars 2020

Olympe de Gouges


Le 8 Mars, c'est la journée internationale pour les droits des femmes qui sont victimes dans bien des pays , de violences et de précarité;

Olympe de Gouges, ( 1748-1793 ) fut la première femme a écrire "La Déclaration des droits de la femme et de la Citoyenne ". 
 Elle écrivait des pièces de théâtres,  des articles et rédigeait aussi des affiches à placarder sur les murs, ce qui lui valut d'être guillotinée. Elle clamait haut et fort ses convictions contre l'esclavage et contre la peine de mort et militait pour l'aide aux sans logis.💗💗💗💗

12 févr. 2020

In memoriam

Extrait des ROMANCES DU VENT
Pages 39-40 


                                                LE RITAL


 On était au début du XXième siècle, la misère sévissait dans le sud de l’Italie.
 L’homme en avait assez, la vie était trop dure dans son pays ; alors, il s’était arraché tout seul de son village natal, comme une plante qui végète et aspire à plus d’espace. Il avait décollé ses semelles du sol que tous ses ancêtres avaient foulé avant lui, bien décidé à porter ses pas ailleurs, loin, dans un autre territoire,  qu’il voyait accueillant dans ses rêves.
En partant, il n’emmenait que le strict nécessaire,  il ne s’est pas aperçu de notre présence. Mais nous, on ne pouvait pas le laisser partir comme ça, ce n’était pas possible, les anciens  nous en auraient voulu, surtout ceux qui n’étaient plus de ce monde, les pères de ses pères, et même la poussière du chemin qui est notre mère, nous ont donné l’ordre de le suivre.
Il ne voulait plus entendre parler de sa parcelle de terre, monticule pelé, aride, ingrat, sur lequel rien de comestible ne voulait pousser. Rayés de sa mémoire, les vieux du village qui pleuraient son départ, oublié le soleil de plomb qui vous tanne la peau, et vous plombe la tête ;  il avait décidé de vivre là où le climat serait doux et frais, où les arbres porteraient des fruits juteux et sucrés.
Ses pas, il les mettait dans ceux de cet inconnu parti au lendemain de sa naissance, assommé de chagrin parce que sa mise au monde avait coûté la vie à sa mère. Ce jour là, son père avait tourné le dos, et on ne l’avait jamais revu…
Son bagage n’était pas bien lourd, mais ses bras étaient solides, il était jeune et fort ; en marchant vers le bateau, il avait un sourire conquérant, il était prêt à aimer tous ceux qu’il rencontrerait, avec ses longs cheveux au vent, il ressemblait à un chevalier partant pour la croisade.

1 févr. 2020

Rose d'hiver

Il fait si doux cet hiver que de fragiles roses fleurissent à l'abri des jardins...

"Mignonne,allons voir si la rose
Qui ce matin avait déclose
Sa robe de pourpre au soleil,
A point perdu, cette vêprée,
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au vôtre pareil.
Las! voyez comme en peu d'espace,
Mignonne, elle a dessus la place,
Las! las! ses beautés laissé choir!
Ô vraiment marâtre Nature,
Puisqu'une telle fleur ne dure
Que du matin jusques au soir !

Pierre de RONSARD  ( 1524 - 1585 )


                                 

12 janv. 2020

"Marseille la blanche"


C'est la première fois que je lis un roman comme si j'étais devant un écran de cinéma.

Les chapitres se suivent et se superposent comme dans un scénario, un policier chargé d’enquêter sur un attentat pendant une campagne électorale à Marseille raconte son histoire;

Une histoire en noir et blanc, remarquablement bien écrite et réaliste.  On croise au fil des pages le terrorisme, le racisme et les enjeux de l'émigration clandestine.

La photo de couverture est de l'auteur.
Marcher vers la lumière, c'est une belle aventure  !

1 janv. 2020

Bonne Année 2020

Une moisson de fleurs pour vous souhaiter une bonne année avec

Un peu...de Chance

Beaucoup...de Santé

Passionnément...de l'Amour

A la folie...de l'Espoir

Et pas du tout...de Méchancetés