3 sept. 2017

La course de l'homme en blanc

Extrait des ROMANCES DU VENT
Page 96

A l’époque, il regardait passer la foule des manifestants derrière la vitre du hall de l’hôpital où il travaillait quand un événement l’avait fait bondir. Un jeune homme à la suite d’un jet de pierres venait de tomber la tête la première dans le caniveau. Il s’était précipité à l’extérieur, vêtu de sa blouse blanche, bousculant ceux qui se trouvaient sur son passage pour aller porter secours au blessé. Bien lui en pris, car par la suite on se rendit compte que c’est la rapidité de son intervention qui avait sauvé le malheureux. Ce jour là, il avait fait fi des ardeurs belliqueuses des manifestants, des hurlements, des matraques des CRS, pour venir en aide à un garçon qu’il ne connaissait pas, mais cela lui était apparu tout à fait normal.

Seul un photographe avait immortalisé la scène qu’un journal avait publiée sous le titre : 

« La course de l’homme en blanc ».

Cet homme en blanc, c’était lui.
 

15 août 2017

15 Août

 Bonne Fête à toutes les Marie, Myriam,et Mireille !
 
 
                                                                       

21 juil. 2017

Le chateau de La Buzine

 
Nombreuses animations cet été au château de La Buzine à Marseille, qui est en fait "le château de ma mère" de Marcel Pagnol
Pour avoir tous les détails, allez sur le site :
 


8 juil. 2017

Etre jeune


A quelques jours de mon anniversaire, me reviennent les vers célèbres de Ronsard :
" Le temps s'en va, le temps s'en va, ma Dame,
 Le temps non, mais nous, nous en allons..."
 
En contre point, je ne peux m'empêcher de citer le beau texte de Samuel Ullman sur la perte de la jeunesse..;
"La jeunesse n'est pas une période de la vie, elle est un état d'esprit, un effet de la volonté, une qualité de l'imagination...
On ne devient pas vieux pour avoir vécu un certain nombre d'années; on devient vieux parce qu'on a  déserté son idéal. Les années rident la peau; renoncer à son idéal ride l'âme...
Jeune est celui qui s'étonne et s'émerveille, il demande, comme l'enfant insatiable : et après ? Il défie les évènements et trouve la joie au jeu de la vie.
Vous resterez jeune tant que vous serez réceptif. Réceptif à ce qui est beau, bon et grand.
Réceptif aux messages de la nature, de l'homme et de l'infini. "
 
 
 
 
 

8 juin 2017

Extrait des " Romances du vent "


Début de la nouvelle: " L'odeur du pastis et des olives "

Page 9
 
Quand Romuald sortit de la gare Saint Charles ce matin là, il respira un grand coup, heureux de se retrouver à Marseille après dix ans d’absence.

Le ciel était aussi gris qu’à Paris mais la chaleur bien supérieure à celle qu’il venait de quitter quelques heures plus tôt, il se dit qu’il avait dû perdre l’habitude…Au sortir du TGV climatisé, la moiteur ambiante le replongea brutalement dans son passé et il eut soudain la sensation de faire un grand saut en arrière. Un rapide coup d’œil à sa montre lui prouva qu’il avait encore pas mal de temps libre avant son rendez-vous d’affaires. Alors, il eut envie de descendre sur le port, pour voir…

Il dégringola les majestueux escaliers de la gare sans même les voir, dévala le boulevard d’Athènes et tournant en angle droit, il descendit la Canebière au pas de course. Sanglé dans son élégant costume, et le porte-documents sous le bras, aucun de ses anciens camarades n’aurait pu le reconnaître, ainsi vêtu. Il y avait un monde fou qui déambulait dans tous les sens, et il surprit au passage des phrases et des bouts de conversations dans des langages inconnus de lui, ce brouhaha ambiant le replongea dans un bain de foule qui lui sembla un bain de jouvence. Arrivé sur le Quai des Belges, avant même d’atteindre la brasserie dans laquelle il travaillait dans sa jeunesse, il leva la tête, une grande nappe de ciel bleu venait de faire son apparition, grâce à un petit mistral de saison et son regard se porta au premier étage d’un antique bâtiment à la façade vermoulue. La fenêtre ouverte sur le Vieux Port laissait échapper un rideau aux couleurs délavées qui flottait au vent comme un drapeau, il prit cet envol comme un signe de bienvenu. Quelqu’un habitait toujours là, et il souhaita très fort que ce quelqu’un soit la personne qu’il désirait tant revoir. L’entrée à demi ouverte donnait sur un couloir sans âge, il s’engouffra dans les escaliers branlants et donna trois petits coups sur le bois jaunâtre de la porte où ne figurait aucun nom mais qu’il aurait reconnue entre mille. Quand elle s’ouvrit, il se trouva  face à un vieillard aux longs cheveux blancs et à la barbe de prophète. Il hésita un court instant puis hasarda :

«  Bonjour Monsieur, pardon de vous déranger, mais je cherche… »