Extrait page 31
La maison de Claire est en fait une jolie bastide comme il
s’en trouve beaucoup en Provence. C’est une vaste bâtisse de deux étages, qui
tourne le dos au vent et possède une belle terrasse, accompagnée d’un jardin garni
d’oliviers. Elle a héritée tout cela de sa grand-mère qui venait d’Italie
pour trouver du travail et avait été autrefois une domestique dans cette demeure.
La jeune Maria, son aïeule, était arrivée là en passant par
les collines du Piémont, elle avait franchi la frontière avec un groupe d’autres
émigrants, cela s’était fait sans heurt, dans un silence poignant, avec,
chevillé au corps, l’espoir d’un monde meilleur. Sur les photos en noir et
blanc de l’époque, on voit une petite brune souriante, aux yeux noirs
malicieux. Elle était venue pleine de courage, fermement décidée à se faire une
place au soleil, et elle avait atterri là, dans cette belle demeure où elle
avait décroché le poste de cuisinière grâce à ses talents remarquables en la
matière.
Elle avait réussi, les gens étaient gentils, son travail lui
plaisait, tout allait bien. Et puis, un beau jour, son destin avait prit un
drôle de tournant. Quelque chose de tout à fait extraordinaire se
produisit ! Maria se souvenait de cette scène qu’elle racontait
volontiers, c’était le moment où sa vie avait basculée.