Extrait de LA CALANQUE PERDUE
Page 77-78
C’était en Août,
à Salzbourg.
Nina et Léna
venaient d’arriver à l’hôtel, par une journée caniculaire, faisant mentir la
tradition, selon laquelle Salzbourg est une ville pluvieuse et humide. En
l’occurrence, il faisait très chaud et les deux filles n’avaient qu’une
hâte : prendre un bain. Elles étaient venues pour le célèbre festival de
musique comme bon nombre de touristes étrangers.
Leur chambre,
confortable, décorée avec raffinement, les émerveilla.
« J’en peux
plus, je crève de chaud ! » gloussa Léna en retirant prestement sa
robe ;
« Hé !
Attends un peu… »
Nina venait de
se ruer sur un rideau fleuri qu’elle tira brusquement, occultant en un tour de
main la baie vitrée, au grand étonnement de sa sœur.
« Il y a un
homme dans le patio ! »
Un fou rire plia
Léna en deux ; avec précaution, toutes deux écartèrent délicatement les
voilages élégants censés les protéger des regards curieux. La bâtisse ancienne
et cossue était ainsi construite que, par une fantaisie de l’architecte, les
chambres ouvraient sur un jardin intérieur comme dans les demeures espagnoles
ou mauresques. Des tables et des chaises blanches de fer forgé placées
harmonieusement se mêlaient à des pots de plantes vertes, et là, en plein milieu,
un homme assis était en train de lire son journal.
« Dis donc, il est plutôt beau
garçon ; on dirait une vedette de cinéma, quelle classe ! Mais il n’a
pas pu nous voir, il ne regarde pas dans notre direction ! »
« Tu as
raison, sauf qu’il tient son journal à l’envers ! »